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 Wiionah, petite fille des Trois rivières

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marino
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MessageSujet: Wiionah, petite fille des Trois rivières   Mer 13 Juil 2011 - 8:27

J'ouvre ce nouveau post à la demande de notre amie Fauve (Olga si vous préférez......).
Elle vient d'écrire un très joli conte et aimerait vous le faire partager.

Je vous demande donc de ne pas intervenir au cours de cette parution, et de lui laisser poster ses chapitres les uns après les autres.
Il vous sera possible d'en parler sur l'autre rubrique que je vais ouvrir à cet effet "commentaires sur Wiionah"

Donc...Place à.....Olga!

Wiionah.....Petite fille des trois rivières.....
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marino
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MessageSujet: Re: Wiionah, petite fille des Trois rivières   Mer 13 Juil 2011 - 9:12

Olga a dit.....

Merci tout d'abord Marino pour ton aide, je ne savais pas trop comment le présenter ou plutôt la présenter...
Alors voici la première partie et bonne lecture à vous. et merci pour vos avis
Fauvette




Wiionah, petite fille des sept rivières.
Premier chapitre.
Son village, bien ancré aux flancs de la montagne, sur les berges de la rivière, parait renaître. Elle, bien cachée derrière les arbres de la grotte aux secrets, joue.
Les cailloux blancs paraissent danser dans ses petites mains. Ils ressemblent à des perles bien polies. Et à chaque jour qui renait, ils lui livrent d’étranges paysages.
Elle s’estime trop petite encore pour apprendre. Et à bien y penser, ça ne l’intéresse pas vraiment, ça non. Pourtant, sa mère, Ayiana, a tant de fois essayé de lui montrer comment cueillir les baies et les glands, semer et cultiver le maïs doux et la courge musquée qui tout au long de l’hiver feront vivre le village, ce que toute femme doit savoir, mais non, elle a vraiment mieux à faire, Wiionah !!!
Wiionah, elle, aime écouter le vent lui murmurer sa chanson, entendre le doux bruissement des herbes. Elle prend les vibrations de la terre. Elle aime rire avec la rivière, s’émerveiller devant les sauts des beaux saumons d’argent qui habitent avec la belle princesse des ondes.
Elle entend les voix de la nature, elle leur parle, elle parait toujours distraite, comme ailleurs. Les autres filles de la tribu se moquent d’elle, et, bien souvent, Wiionah se cache, pour ne pas les entendre.
Elle regarde les hommes pêcher et s’activer le long des berges. Ils rient dans la lumière de ce jour. « Le vieil homme hiver » a fui, laissant la place à la richesse du printemps. Les arbres éclatent leurs bourgeons, ‘’l’âme de la rivière ’’ chante, libérée de sa gangue de glace.
De loin, elle admire son père, Hakan, sur sa pirogue, qui au milieu de la rivière, pêche le beau doré bleu à la chair si fondante. Les femmes toutes heureuses de cette belle pêche, en feront le repas du soir. Elles en prélèveront les filets et garderont précieusement les arêtes dans un panier.
Car, arrivé le soir, les hommes, en chantant, les rendront à l’eau. Ainsi, comme le dit la légende, les âmes des poissons survivront.
Mais, pour l’instant, Wiionah, imagine la chair frissonner sur le feu, la bonne odeur qui va se dégager, inonder ses petites narines. Elle imagine sentir couler dans sa bouche le poisson fondant et parfumé :
« - Hum, se dit-elle gourmande, si maman le peut, peut-être m’en gardera-t-elle un gros morceau !!! »
Et surtout, si les hommes ne mangent pas tout. Et tout en y pensant, elle rit en se frottant le ventre avec application.
« - Ce que ça va être bon !!! » Pense-t-elle.
Un grand feu brûle au milieu du village, alimenté par les jeunes garçons de la tribu. Ils courent en tous sens, poussant des cris perçants afin d’éloigner encore plus loin « le vieil homme hiver ». Wiionah se moque d’eux, sachant qu’ils ne la voient pas, elle singe leurs grimaces et leurs sauts de carpeau.
« - Si maman me voyait… Ohh lalala !!!! » Je suis sûre qu’elle me gronderait !!!
Ce feu immense célèbre la chaleur du soleil qui fait revivre la nature, elle l’imagine, montant aussi haut que le ciel, se mariant avec le soleil.
Wiionah redescend sur terre. Elle entend sa mère, Aiyana qui chante le renouveau, tout en préparant la soupe de légumes.
Wiionah éclate de rire et tendant les bras vers elle, court et dévale à toutes jambes la distance qui les sépare.
En faisant bien attention de ne pas se prendre les pieds dans les replis de la terre tout de même !!! Il n’y a pas si longtemps elle avait couru tout pareil, sans prendre garde, et elle était tombée ; ses genoux et ses mains tout écorchés lui avaient fait très mal. Heureusement Ayiana, conservait sous son xonta toute une série de pots emplis de toutes sortes de pommades. Sa mère aimait les plantes, dès qu’elle partait en promenade, c’était pour la recherche de quelques nouvelles herbes.
Mais pour l’instant Wiionah, se sent bien fatiguée et voudrait bien un câlin. Sa mère, ne l’entend pas de cette oreille, elle doit encore finir sa nasse en saule. Elle se cale malgré tout, contre sa hanche et lui demande :
« - Dis, maman, raconte-moi encore l’histoire du « vieil homme hiver ».
Ayiana sourit doucement et embrasse sa petite fille.
Sa voix tendrement s’élève.
Les yeux à moitié fermés, Wiionah, écoute, rêveuse, l’histoire du « vieil homme hiver » :
« Quand survint le grand moment, le vent du nord, se mit à souffler vers le sud, tant et tant, qu’il poussa devant lui le « vieil homme hiver ».
Bien fatigué, ‘’le vieil homme hiver’’ s’arrêta sur les rives d’un grand lac, et décida d’y construire sa maison. »
Ayiana, regarde sa fille,
«- tu sais, toi, d’où lui vient ce nom ? »

La fillette secoue la tête,
« - Non, je ne sais pas, peut-être de ses cheveux, qu’il portait longs et qui étaient si blancs, blancs comme la neige, ou des rides qui marquaient son visage ? »
Ayiana, sourit et reprend son conte :
« - Le vieil homme hiver » construisit sa demeure dans la grande forêt toute proche, mais le vent du nord soufflait si fort qu’il brisait les branches, chassait les feuilles, arrachait les nids, faisant fuir les oiseaux qui y avaient trouvé refuge. Il prenait grand plaisir à semer la destruction, soufflant encore plus fort sur les rives du lac ses nuages de givre. »
«- Bizarre demeure, hein maman, que celle du ‘’ vieil homme hiver ‘’, il n’a même pas de feu pour se protéger du froid, les murs de son ‘’ xonta’’ sont en glace !!!! Puis, il n’a pas de tapis de laine ou de fourrure pour le sol !!!! »
« - Ooohhh !!! Petite coquine !!! Vas-tu la conter à ma place cette histoire ??? »
La petite sourit, radieuse.
« - Tu sais comme j’aime ce conte !!!
-oh oui !!! Je le sais, alors, tu peux le continuer sans moi ??? Je vais t’écouter !!!!
-Oh !! Non, non, je me tais !!! »
Wiionah, aimait tellement la voix de sa mère, si douce et chantante à la fois.
« - Aux alentours, de son ‘’xonta’’, c’est aussi de la neige qu’il fit tomber, car il savait qu’il se devait de protéger les graines, semées au hasard du vent d’été. »
Mais, Wiionah, n’entendit jamais la suite, bien nichée, tout contre sa mère, elle s’était endormie, souriante.
Wiionah, est aux pays des rêves, il parait très beau, son rêve, car un immense sourire se dessine sur ses lèvres. Elle voit, Wiionah, arriver une majestueuse jeune fille, qui de ses pas fait naître l’herbe tendre, de son souffle, chasse la neige et le gel, d’un geste, réveille l’âme de la rivière puis d’un autre, fleurit d’un tapis d’or tout le village. Elle donne vie aux arbres, dont les bourgeons éclatent sous son souffle léger. Elle rayonne, Wiionah, comme une enfant, car la jolie princesse, c’était elle.
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fauve
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MessageSujet: Re: Wiionah, petite fille des Trois rivières   Mer 13 Juil 2011 - 9:21

Puisque cette rubrique concerne la petite Wiionah, je vais vous mettre chaque chaptire, que vous lirez quand vous en aurez envie et comme cela je ne commettrai plus de bêtises !!!


Wiionah, petite fille des sept rivières.
Chapitre deux.
Wiionah, le pouce dans la bouche, rêve, rêve, cependant qu’une suave odeur, vient lui chatouiller le nez. Pourtant elle voudrait bien encore y rester dans son rêve, si joli, mais le fumet qui se propage alentours est trop puissant. La faim réveille la petite fille.
« - Oh, maman, comme ça sent bon, on peut manger ?
-Non, non, pas encore, tu vois bien que les hommes n’ont pas encore fini !!!! »
Depuis très, très longtemps, dans la tribu des hupas, les femmes et les hommes ne mangent pas ensemble ; même pour dormir, chacun a son xonta !!!! Les hommes d’un côté et les femmes de l’autre.
Wiionah trouve cela stupide, elle aimerait avoir parfois le soir, son papa pour elle seule.
Mais pour l’instant, seul le bruit de son estomac, l’intéresse :
« - Mais, moi, j’ai faim !!! »
Son père, Hakan, assis autour du feu avec les hommes lui sourit, elle le voit mettre de côté un bon gros morceau de poisson.
Wiionah, rit et frappe dans ses mains et tourne en rond autour de sa mère. Elle sait qu’une fois les hommes dispersés, il viendra vers elle et lui glissera, en cachette, le bout de poisson bien grillé, rien que d’y penser, son ventre grogne de plus belle !!!!

La petite fille trépigne,
« - Maman, je vais manger la montagne !!! Ils en ont encore pour longtemps ??? J’ai trop faim !!!
-tu es sûre, que tu vas manger la montagne ??? Avec un petit ventre comme le tien ? »
Aiyana rit de sa petite fille affamée, qui tourne autour d’elle comme le soleil autour de la terre, elle l’attrape enfin et la tient bien serrée tout contre elle.
« - Arrête un peu tu vas me donner le vertige !!! »
Et Wiionah s’envole dans les airs au rythme des rires de sa maman.
Les hommes ont enfin terminé. Aiyana, tout en rangeant, met la dernière main, aidée des autres femmes, à leur repas.
Mais Wiionah, elle, est bien repue, son père lui ayant donné en cachette, le morceau tant convoité. Elle regarde le chaudron où bouillonne doucement la soupe de légumes.
« - Maman, j’ai plus faim !!!
-Comment ça ?? Je croyais que tu pouvais manger la montagne ? Alors, tu vas quand même prendre de cette bonne soupe qui mijote depuis ce matin. Et ne va pas rechigner, autrement les grenouilles viendront sauter sur ton ventre et te manger les pieds, tu ne pourras plus courir dans la forêt. »
Wiionah, interloquée, se demande comment une grenouille sauteuse, peut lui manger les pieds ? L’image dans sa tête est tellement amusante, qu’elle en rit sans retenue.
Mais dans le doute et voyant l’orage gronder dans les yeux de Aiyana, elle se décide à la manger, cette soupe. Elle s’en régala sans plus de façon et fut très contente, en sentant son ventre bien rempli.
Les hommes, quant à eux, n’avaient pas attendu la fin du repas des femmes pour commencer leurs danses en l’honneur de la fée des ondes et du printemps. Ils tournaient en chantant, levant haut leurs bras. Leurs pieds tapaient fort le sol, comme pour en réveiller tous les esprits. Le feu rendait luisante leur peau de cuivre, elle en aspirait toute la chaleur.
Ils priaient l’âme de la rivière, pour les pêches à venir. Ils dansaient pour que la terre leur soit féconde. Ils dansaient entre eau et terre, pour la paix de cette journée finissante.
Puis tous ensemble, femmes, hommes et enfants, s’en allèrent en chantant remercier la rivière de ses bienfaits.
Sur des écorces de bois, ils placèrent les arêtes des poissons et les rendirent à leur élément. Ainsi, leur esprit pourrait revivre et nager dans les eaux profondes.
Toute la nuit résonna des rires et des chants des hommes.
Puis se fut le silence, que seul troublait encore le feu ronronnant.
Le village sommeillait toujours, quand Wiionah, au petit matin, sortit du xonta. Sa mère, dormait bien nichée sous les fourrures.
Le ciel hésitait entre rose et bleu, une légère brume envahissait les hautes montagnes dans le lointain.
Les oiseaux lançaient haut leurs trilles, semblant vouloir atteindre par-delà le ciel, la demeure de la verte prairie.
Wiionah, les mains emplies de baies et de mûres, séchées, prend le chemin de sa grotte, elle gravit allégrement la colline, avec dans la tête, tous les chants de la nuit.
Et elle monte toujours plus haut, grimpe tel un waputik, sur les flancs de la montagne lointaine.
La brise légère, bruissait dans les arbres et un sentiment de liberté, hors des contraintes de la tribu, lui fit tourner la tête.
Elle s’assit, face au soleil levant et regarde sa vallée se réveiller.
Elle prend dans sa main ses petits cailloux.
Mais ceux-ci restent comme inertes sous ses doigts.
Wiionah ne comprend pas.
De blancs, ils étaient devenus d’un gris terne. Refusant de créer leurs arabesques. C’était bien la première fois que cela lui arrivait. Wiionah sent un étrange mal être l’envahir…

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fauve
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MessageSujet: Re: Wiionah, petite fille des Trois rivières   Mer 13 Juil 2011 - 9:22

-WIIONAH, fille des sept rivières
Chapitre trois
Wiionah ne réagit toujours pas, elle regarde ses pierres virer du gris au noir, sans qu’elle puisse rien n’y faire. Elle les reprend, les caressant et les lançant à nouveau. Comme dissociées les unes des autres, elles retombent, sans vie. Puis se décidant enfin, d’un lent mouvement, elles se dirigent vers la grotte. Wiionah, étonnée, redresse la tête, et pensive, les suit des yeux. D’un pas hésitant, elle avance vers la caverne.
Puis jetant un dernier regard par-dessus son épaule, elle s’imprègne de cette vision : Tout en bas, la vallée, où la rivière coulait libre. Un peu plus loin, le village paraissait toujours endormi.
Les parois de la grotte, hier, si blanches de lumière, sont noires. Noir effrayant, noir ténèbres, elles pleurent. Sanglots déchirants naissants de l’âme même de la terre. De son cœur, sortent tous les esprits du monde. Qui hurlent leur peur.
Les petites pierres, une à une, forment cercle et murmurent doucement. Une plainte, sortie du fond des âges.
Un nuage de brume en son centre dévoile la silhouette d’une très belle femme.
« - Bonjour à toi, petite Wiionah, Princesse des hupas, entends ma voix. Ecoute le vent qui souffle en tempête, écoute, la rivière qui pleure tout bas, écoute la plainte de ton peuple, Wiionah, l’âme indienne va souffrir. »
Les larmes coulent sur le petit visage de Wiionah.

Les yeux rivés sur les parois de la grotte, elle voit effrayée, se dérouler devant elle une scène d’enfer :
‘’Des hommes, pâles comme « le bonhomme hiver » entrent tels des diables dans son village et elle voit étonnée, des bâtons de tonnerre, cracher le feu. Elle voit sa mère Aiyana, courir. Elle semble regarder vers elle, lui dire :
« - Ne bouge pas, reste où tu es, ma fille, ne regarde pas, cache-toi. »
Son père Hakan, sort du hogan des hommes,
Il s’élance vers sa femme, soulagé et la serre dans ses bras. D’un geste, elle lui désigne le haut de la colline.
Dans sa tête résonne la voix de son père :
« - Ma fille, ne sors pas de la grotte, ne bouge pas. »
Mais Wiionah, ne veux pas écouter, elle s’élance dehors, un grand cri monte, monte hors de sa gorge. Une main douce et légère se pose sur sa bouche
« - Non petite fille, tu ne peux déjà plus rien »
Wiionah ne se cache pas, non. Elle voit son père et sa mère se
tenir la main, essayant de fuir. Ils s’élancent vers la rivière, vers les canoës, son père en détache un, mais il tombe lui aussi, face contre terre, entrainant Aiyana dans sa chute.
Elle voit, les enfants, tétanisés, qui ne savent pas, ne comprennent pas ce qui leur arrive. Elle les voit qui tentent de s’enfuir et essayer de rejoindre la forêt. Elle entend leur cris d’épouvante, ils résonnent, comme des tambours pris de folie.
Elle voit tous ces pères et mères, protéger de leur corps la fuite de leurs enfants éperdus. L’incompréhension et la peur se peignant tour à tour sur leur visage.
Mais qui sont-ils ? Qui sont ces diables blancs, qui attaquent sans raison ? Semblant se moquer de la Vie…
Ils tombent tous, ses frères, un à un sans espoir de survie. Et leurs cris, emplit d’horreur la vallée si paisible il y a peu….
Elle voit la peur des femmes, l’une d’elle tente de protéger son bébé, en vain.
Elle voit ces hommes pâles, riant de leur pouvoir les trainer par la chevelure et les massacrer.
Mais qui sont ces hommes, si pâles qui ont tué sans raison toute la tribu ? Qui sont-ils pour oser défier les Dieux ? Sans cesse cette question tourne dans sa tête.
La terre boit le sang. La rivière devient rouge. Le ciel résonne de la colère des hommes.

Inconsciemment, Wiionah tend les bras vers eux. Elle ne respire plus et tombe à genoux. Elle prie les dieux d’effacer cette vision d’enfer.
Les petites pierres deviennent chaudes dans sa paume, essayant de lui insuffler un peu de douceur.
« -Wiionah ?
La belle dame est à nouveau là.
Il te faut survivre. Survivre à ta tribu, vivre sans elle et construire à nouveau. Et surtout te souvenir…
-Comment y arriver ? Je suis si petite. J’ai peur.
-La peur, oui, elle sera ta compagne, pendant un certain temps, puis s’effacera, comme les nuages dans le ciel.
-Mais je ne veux pas retourner là-bas… Si jamais les mauvais hommes reviennent…
-Ils reviendront, petite fille, ils reviendront. Salir la terre et en prendre possession. Ils ne veulent que ça. Ils s’en nourriront, jusqu’à satiété. Et la terre pleurera des larmes de sang. Tu ne veux pas retourner dans la vallée, libre à toi, mais, petite Wiionah, maintenant tu es seule.
Tu devras faire tes propres choix pour vivre. Mais sache que, où que je sois, je veillerai sur toi.
Petite fille, je dois m’en retourner dans la grande prairie, retrouver les esprits des morts, eux aussi réclament mon attention, n’oublie pas que je suis là, même si tu ne me vois pas.
-Mais ces hommes qui ont la peau aussi blanche que l’ours d’hiver, qui sont-ils ?» Toujours cette même question….
Nulle réponse, que le vent dans les arbres et les cris, en bas, qui s’éloignent. Wiionah tremble de tout son corps.
Une peur sans nom s’engouffre en elle… Rieuse Wiionah, seule, tu es seule avec la vision de ton village en ruine.
Tout n’est plus que ruines.



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MessageSujet: Re: Wiionah, petite fille des Trois rivières   Mer 13 Juil 2011 - 9:23


Wiionah, petite fille des sept rivières
Chapitre 4


Oh, Wiionah tu n’as plus de sang. Il coule avec celui de tes frères sur l’herbe si douce naguère.
Elle s’endort au seuil de la grotte, les pleurs coulant encore sur ses joues cuivrées.
Une main tendre et légère dépose sur elle une couverture de chèvre blanche. S’enroule autour d’elle, pour lui tenir chaud, l’amener au pays des rêves heureux, sans cauchemars. Une lumière bleutée s’élève dans la grotte, faisant naître des reflets d’éternité.
Demain sera un autre jour, demain sera là bien assez tôt, avec son cortège de souffrances…
Et elle voit.
Depuis le matin, ces hommes blancs qui entassent les corps, comme des animaux et en ont fait un grand feu. Puis, ils sont repartis, laissant les flammes effacer toute trace de vie. Wiionah regarde, gravant jusqu’ à la dernière image dans sa tête, ferme les yeux un instant, la nausée au bord des lèvres.
Elle attend encore, plusieurs heures au cas où les hommes pâles reviendraient, puis elle descend tout doucement, la peur au ventre.
Ce qu’elle voit de son village fait naître la panique en elle, et l’odeur, lui donne l’envie de fuir.
Mais dans sa tête résonne les paroles de la grande prêtresse : Nulle fuite n’est possible….
L’espoir se lève en elle, aussi fort qu’une bourrasque de vent l’hiver. Son père et sa mère étaient bien tombés au bord de la rivière ? Là, juste à côté des canoës. Dans l’eau. Peut-être que les méchants hommes blancs ne les auront pas vu ?
De toute la force de ses petites jambes, elle court, court vers la berge. Où se trouvent les embarcations. Le canoë a disparu. Aucune trace de ses parents. Pas de corps. Seulement des empreintes sur le sol qui s’effacent peu à peu, au fil des vaguelettes d’écume.
Elle serre les poings tout en courant le long du rivage, vite, se précipite vers les roseaux où ils auraient pu trouver refuge. Rien, rien qu’une poule d’eau qui s’y était terrée, apeurée par le carnage. Du regard, elle scrute l’horizon, suit le plus loin possible les méandres de la rivière. Mais non… Rien qu’une immensité vide. Vide, vide…

Elle retourne vers le village, des sanglots de rage dans la gorge.

Alors elle se met à prier. Prier les esprits de la terre, du vent et de l’eau.

« - Ho mère nature, mère du ciel et de la terre, mère du vent et des rivières regarde tes enfants … Ils sont partis sans comprendre pourquoi. Oh mère, ton peuple souffre ».
Elle entame pour tous ses morts, une danse lente et triste, dernier hommage qu’elle puisse leur donner. Danse enfantine, sortie du cœur de l’enfance. Pureté qui émeut les dieux de la nature. Ses bras se lèvent et entament lentement un ballet magique, son corps ploie et ondule au rythme des flots. Elle est source, court à même la terre, l’inonde de ses larmes. Ses mains enlacent le ciel, dansent avec lui, dansent, dansent. Ses pieds tapent, tapent comme un tamtam, appellent les esprits endormis. Et elle danse, Wiionah, oublieuse de tout, entre juste pour un instant dans l’espace de l’éternité.
Epuisée, elle se laisse tomber sur le sol, sent les battements de son cœur à l’unisson de la nature, le grand mystère de la création se lève pour elle, elle est la terre. Lentement elle se redresse, s’imprègne des sens même de la vie.
La vie, oui, qui se rappelle à elle avec son estomac.
Wiionah sent la faim gronder dans son ventre. Alors n’écoutant que son instinct, elle se met à chercher quelques vestiges de sa vie passée. Elle trouve dans un coin un gros sac éventré, des glands s’en échappent. Enfoncée dans le sol, elle trouve une pipe sculptée, quelques écuelles taillées dans le bois jetées ça et là, cassées sous les sabots d’un cheval ou simplement oubliées. Et aussi une outre en peau de chèvre, puis une marmite de terre cuite ébréchée, des outils pas tout à fait calcinés, qu’elle pose dans un coin, on ne sait jamais... Elle trouve encore une amulette et un sparrow hawk. Son père aimait en jouer le soir, lorsque la nuit tombait et que le ciel devenait d’un or violet. Elle le sert convulsivement contre elle, à s’en faire mal. Et elle se revoit, elle, Wiionah, s’installer entre ses jambes et écouter les sons mélodieux sortis du souffle de Hakan et de ses doigts. Elle croit reconnaître dans le bruissement du vent les vibrations du sparrow hawk. Oh père…
S’emparant d’une écuelle, elle la remplit de glands, il faudra qu’elle en fasse de la farine, cette farine douce amère, dont sa mère faisait une sorte de bouillie. Elle va chercher de l’eau à la rivière, redevenue claire, et remonte la colline, l’outre remplie d’eau sous le bras, chercher la protection de la grotte.
Elle commence à s’installer, ramasse des feuilles et des branchages qui jonchent le sol, pour en faire un feu.
Mais comment sa mère, Ayiana, l’allumait-elle, ce feu ? Comment faire ? Wiionah tourne et retourne le problème dans sa tête, mais la solution ne vient pas… Elle se rend aussi compte qu’il lui manque aussi une chose essentielle : la marmite. Et qu’elle doit redescendre dans la vallée chercher le reste de ses trouvailles, principalement le chaudron afin d’y cuire la soupe qu’elle fera. Elle entend sa mère lui dire :
« - Wiionah, tu n’as pas plus de tête qu’un poisson doré !!
–-Tu vas un jour te perdre dans la forêt si tu continues et l’esprit des bois te transformera en buisson !!"
Son rire éclate dans cette fin de journée, instant de bonheurs riches de souvenirs, vite effacés par la réalité. Lentement, elle reprend sa descente vers le village.
Elle repasse devant le feu dont il ne reste que quelques tisons. Alors lui vient l’idée de prendre ces quelques braises pour elle, tout en se sentant coupable d’un tel geste, que vont en penser les dieux ?
Mais elle sait qu’elle n’a pas le choix. Elle prend sur un des canoës une pagaie et s’en sert pour verser délicatement les quelques brandons dans la marmite. Elle dépose ensuite sur la rame le pot avant qu’il ne soit trop chaud. Avec courage, elle reprend sa montée, maintenant avec difficulté l’équilibre de tout l’ensemble.
Enfin arrivée, elle pose la pagaie sur le sol et entreprend de ramasser des pierres alentours pour délimiter le feu. Elle fait un rond, le plus loin possible de l’entrée, afin que l’on ne puisse pas voir la fumée du dehors et y dépose les braises. Prenant alors les feuilles et branchages glanés plus tôt, elle en attise le feu.
Avec un peu d’eau, elle nettoie le chaudron. S‘aidant de ses dents, elle épluche les quelques glands pris tout à l’heure et se demande comment sa mère obtenait cette poudre. Ses yeux fouillent toute la grotte à la recherche d’une idée. Elle aperçoit dans un coin une pierre plate, elle s’en saisit, puis avisant plus loin, un caillou plus rond elle s’en empare. Elle pose sur la pierre plate ses glands et commence à les broyer avec l’autre caillou.
« - Que c’est dur !!», pense-t-elle.
Mais elle s’acharne, jusqu’à obtention d’une poudre presque aussi fine que celle de Ayiana.
Soudain : Aïe, aïe, aïe, elle secoue sa main de douleur : Oh lalala, elle vient de se coincer un doigt entre les deux pierres, que cela lui fait mal !!!! Elle souffle sur son doigt, et secoue sa main avec vigueur. Mais elle retient son cri de douleur.
Continuant sa préparation, elle met la farine obtenue dans le pot ; y ajoute un peu d’eau puis dépose la bouillie sur le feu. Avec un morceau de bois elle tourne et retourne la pâte, tandis que de grosses larmes coulent à nouveau, inlassablement. Tristesse et détresse s’emparent d’elle sans qu’elle ne puisse rien faire.
Alors, elle sort le sparrow hawk de dessous sa robe et se met à souffler dedans, avec force et sans s’arrêter, quitte à s’en étouffer. Des sons assez discordants en sortent, qui la font rire. Avec passion, elle essaie encore et encore, jusqu’à ce qu’une petite mélodie douce et poignante s’élève.
« - Oh !!!! Attention, Wiionah, tu oublies ta soupe !!! » Lui crie une petite voix.
Levant précipitamment la tête, elle regarde le chaudron où il n’y a plus la moindre goutte d’eau, ramasse la pagaie et sort le pot du feu.
Elle s’en remplit l’estomac, de cette sorte de gruau, un peu écœurée, elle n’a jamais trop apprécié ce genre de légume. Mais tout de même très fière d’elle, elle a réussi son premier repas.
Elle remet un peu de bois dans le feu et resserre les cailloux tout autour, afin que le feu ne s’éteigne pas.
Elle se saisit à nouveau de sa flûte et égraine quelques notes, s’essaie à d’autres sons, ses doigts s’embrouillent un peu, mais elle s’acharne. Dans le crépuscule naissant s’élève une mélopée triste et envoûtante. Ses doigts épousent le flutiau, ils ne font plus qu’un.
Dans la vallée, en bas, oubliés les rires et les chants, seul le silence crie, hurle sans arrêt.
La nuit tombe, vient avec elle le cortège des peurs enfantines, que sa mère ne pourra plus calmer.
« - Je ne veux plus pleurer » hurle-t- elle à la nuit !!
Wiionah se couche près du feu et se terre sous sa couverture, elle a tout de même un tout petit peu peur...
Elle ferme les yeux et s’endort, le flutiau bien serré contre son cœur.
La voilà profondément endormie, se lève alors du cœur de la terre des nuées blanches, des nuées bleues, des nuées roses et jaunes, des nuées rouges. Elles s’élancent majestueuses et entament un ballet magique. Elles s’activent, transformant toute la grotte en un rayonnant chant de couleurs.






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MessageSujet: Re: Wiionah, petite fille des Trois rivières   Mer 13 Juil 2011 - 9:23

Dernier chapitre de la petite Wiionah, à la rentrée d'autres aventures l'attendront !!!
Merci

Wiionah, petite fille des sept rivières
Chapitre 5


Elles travaillent, revêtant les parois de riches couleurs. Les couvrant de dessins, marquant la vie quotidienne de la tribu hoopa, mère de tous les peuples. Chaque scène, chaque saison se déclinent en une myriade de nuances :
Les hommes pêchant, construisant nasses et filets pour les poissons. Des pièges où les poules d’eau, nageant dans les roseaux viendront se perdre.
Partant à la chasse aux rennes et aux chèvres, pour la viande qui sera séchée et la peau qui servira à la confection des vêtements. Elles peignent, ceux-ci construisant des canoës avec le bois de cèdre rouge.
Puis à un moment ou un autre, se penchent sur l’enfant endormie. La couvant d’un regard attendri, lui insufflant la vie. Elle porte en elle l’espoir, l’espoir de l’avenir.
Et à nouveau, elles dessinent les arcs, les lance-pierres. Dessinent les coutumes de la tribu.
Mais, elles dessinent aussi les femmes, cueillant les baies et les glands, cultivant le maïs et la courge, semant aux différentes saisons. Elles les dessinent tissant la laine des chèvres blanches, tressant les saules qui naissent sur les berges de la rivière.
Elles peignent et peignent tout au long de cette nuit.
Au matin, Wiionah se réveille, elle s’étire en souriant. Lui revient en une seule vague les atrocités de la veille. Un petit moment, juste un petit moment, elle ferme les yeux puis se redressant, soupire et relève les épaules. Allons, avancer. Il faut avancer et ne pas regarder en arrière. Alors s’échappant de la couverture, elle se lève d’un bond et ses yeux s’écarquillent de stupeur. Devant elle, sur les pans de la grotte se dressent des peintures magnifiques. Bouche bée, elle admire, et son cœur se gonfle d’une joie si intense qu’elle en perd le souffle. Elle court, allant de l’une à l’autre des fresques, les admirant toutes.
Elle voit son peuple travailler, rire dans le vent, rire de la vie. Elle sent monter en elle un sentiment d’euphorie, elle n’est plus seule.
Elle boit des yeux les symphonies de la création du monde. Elle se précipite. Sur l’un des pans d’une des parois, sont peints Ayiana et Hakan, lui sur son canoë et elle tressant les saules devant le xonta. Oh, Wiionah regarde ton peuple revivre. Elle s’abreuve, vit dans chaque geste. Ton peuple est là, Wiionah qui te montre la voie. Alors, elle rit, embrasse les murs et elle danse, réveillant toutes les âmes de la nature.
Elle sait maintenant ce qu’il lui faut faire. Et elle apprend Wiionah, elle apprend le tissage, comment allumer le feu, à quelle saison semer les graines, quand ramasser les baies et les glands. Elle apprend aussi la pêche, la chasse, comme le faisait son père. Comment sécher le poisson et tendre un piège. Elle apprend, Wiionah, tout du travail des hommes et des femmes, sachant que là est sa survie. Sans avoir de cesse. Avec dans la mémoire, les mots et les images des esprits et de la belle dame.
Puis la journée finie elle s’assied et appelle à elle l’âme de la terre, toujours présente à ses côtés, pour l’aider dans sa vie de chaque jour.
Alors, elle chante Wiionah et dans sa main, viennent les oiseaux. Ils l’écoutent tout en lui picorant la paume, comme un baiser tendrement donné. La chèvre blanche qu’elle a su apprivoiser, s’étend à ses pieds. Elle sait depuis bien longtemps comment en tirer le lait qui fait ses délices. Elle la caresse tendrement tout en chantant.
Wiionah saisit son sparrow hawk et commence la douce mélodie de jadis, jamais oubliée. Les notes s’élèvent dans l’air embaumant la sarriette et la menthe sauvage.
L’eau gazouille à ses côtés, l’accompagne d’un murmure écumeux. La nature vit, se retrouve en elle, dans chacun de ses mouvements.
Le vent, comme jaloux, se met de la partie et lui apporte d’autres secrets, lui conte chaque contrée qu’il traverse et qu’elle ne connait pas. Ces mondes lointains qui éveillent sa curiosité. Elle voyage et chevauche sur ses ailes. Elle respire tous les beaux moments que la belle dame lui offre.
Wiionah a aussi croisé dans ses rêves « le vieil homme hiver ». Il lui a raconté ses voyages.
Curieuse, elle l’écoute lui parler des autres peuples qui vivent par-delà les rivières, par delà les montagnes. Il lui dit les êtres qui lui ressemblent. Wiionah lui demande alors :
« - Les hommes à la peau blanche qui ont détruit mon village et tué tous les hommes de ma tribu vont-ils revenir ? Je n’ai plus mes parents et je les pleure.»
« Le vieil homme blanc » regarde pensivement la petite fille.
« - Petite Wiionah, viendra le temps où toutes les tribus des gens de ta race, souffriront. Les blancs viendront salir notre mère la terre, ils en prendront toutes les essences. Ils tueront et chasseront « le Peuple » jusqu’à n’en laisser qu’une infime trace. »
Wiionah, sait tout cela et sa tristesse est d’autant plus grande.
Comment vivre et continuer ? Avec le souvenir de sa vie passée ??
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