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 la lumière déchirée - 8

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Aralf
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MessageSujet: la lumière déchirée - 8   Ven 24 Sep 2010 - 0:33

Chapitre 7

En sortant du Sénat, Jeffrez Bïal aimait se promener dans le parc du Centenaire avant de regagner
son domicile. La capitale de Janus, qui était en réalité la seule ville d’importance et portait de fait le
même nom que sa planète, était située sur l’équateur et bénéficiait d’un climat idéal. Jeffrez Bïal appréciait tout particulièrement ces débuts d’été où les allées sinueuses du parc se perdaient entre les massifs de fleurs. Il aimait marcher doucement pour rompre radicalement avec les rythmes infernaux de la fourmilière inhumaine qu’était devenu le Sénat et ne manquait jamais de s’arrêter quelques minutes pour admirer la roseraie. Les fleurs natives de sa planète étaient certes belles, mais aucune ne pouvaient rivaliser olfactivement avec la délicatesse de ces splendides roses importées directement de la Terre bien des années auparavant.
Penché au dessus d’une clôture ouvragée, il avait le nez plongé dans une rose orangée dont il guettait la floraison depuis plusieurs jours, lorsqu’il ressentit une douleur fugace dans l’épaule gauche. Il envoya la main furieux contre l’insecte qui avait dû s’introduire sous sa veste, mais n’acheva pas son geste.
- cible atteinte, murmura le tireur embusqué dans un bosquet, tout en rangeant soigneusement son arme dans une mallette.
Quelques instants plus tard, le corps inanimé était hélitreuillé à bord d’une navette légère qui avait plongé droit sur le parc dès la réception du signal.

Lorsqu’il reprit connaissance, le premier réflexe de Jeffrez Bïal fut d’essayer d’achever son geste et de se gratter l’omoplate ; mais il comprit bien vite que ses mains étaient entravées et dut cligner plusieurs fois des yeux pour éclaircir sa vision et avoir une petite idée de ce qui lui était arrivé. Entièrement peinte en blanc, la pièce dans laquelle il se trouvait, lui fit penser à une chambre d’hôpital, à la grande différence qu’il n’était pas allongé sur un lit mais assis dans un fauteuil, les bras, les jambes et la tête étroitement sanglés ne lui permettaient de faire aucun mouvement. Un homme vêtu d’un treillis noir barré de deux diagonales blanches, manifestement un soldat se tenait debout face à lui.
- Que m’est-il arrivé ? Où suis-je ? articula péniblement Jeffrez Bïal.
Le soldat baissa son regard vers lui et sans prendre la peine de lui répondre, il fit demi-tour et sortit de la pièce. Quelques minutes plus tard, deux autres hommes également vêtus de noir, mais dans des uniformes que Bïal supposa être ceux d’officiers firent leur entrée. Le plus jeune des deux prit la parole :
- Vous voici enfin réveillé…
- Qui êtes-vous ?
- Je suis l’Estel, commandant de cette flotte et voici le Capitaine Prial, mon officier en charge de la sécurité.
- Depuis quand les spatiens débarquent-ils sur des planètes pour y enlever un élu du peuple ?
- Et depuis quand les janusiens élisent-ils sénateurs, des Frères du Temps ? Paul avait parfaitement conscience de bluffer, mais l’espace d’un instant il vit de la surprise, puis de la peur sur le visage et dans les yeux de l’homme qui lui faisait face. « de la peur, mais pas de l’indignation ! », se redit-il à lui même…
- Quelle est donc cette mauvaise plaisanterie ? Vous n’avez pas le droit de vous comporter ainsi et de me retenir ici plus longtemps. Lorsque le gouvernement janusien sera informé…
- Votre gouvernement ne fera rien. Vous êtes à bord du vaisseau amiral de notre flotte, vos forces spatiales n’ont pas les moyens d’intervenir et vous avez déjà perdus assez de croiseurs comme cela.
Paul choisi de poursuivre son bluff
- Quant à votre appartenance au Temple, il serait vain de le nier, nous avons découvert une liste appartenant à votre frère Elézard et également arrêté tous ceux qui y figuraient. Certains commencent à se montrer très coopératifs.
- C’est ridicule…
- Ne soyez pas stupide. Si nous appliquions la loi de façon ferme nous vous jugerions et vous seriez condamné à mort. Il se trouve que vous avez beaucoup de chance, nous n’avons pas assez de temps pour faire tout cela et nous laisserons la justice janusienne faire ce qu’elle jugera utile. Et comme j’ai cru comprendre qu’un certain laxisme s’était installé sur Janus, vous avez toutes les chances d’échapper au pire.
- Que voulez-vous ?
- Je veux tout savoir sur Elézard.
- Je ne comprend rien à vos histoires ; je ne connais pas cet homme et j’ignore tout du Temple.
- Allons bon, voilà que ça recommence. J’avais cru un instant que vous alliez vous montrer intelligent. Vous connaissez parfaitement Elézard puisque vous faites partie des gens qui ont œuvré durant des années pour favoriser sa carrière politique et l’amener à obtenir un portefeuiile ministériel. Alors laissez-moi vous expliquer les choses plus précisément. Elézard, vous et vos copains du Temple possédez un vaisseau mettant en œuvre des technologies de propulsion entièrement nouvelles. Vous vous êtes servis de ces connaissances pour attaquer et souvent détruire des navires dans plusieurs systèmes stellaires. Ici même à notre arrivée, l’un de nos cargos a explosé sous nos yeux. Savez-vous combien de personnes se trouvaient à bord ? Savez-vous que ce sont des familles entières avec hommes, femmes et enfants qui naviguent sur nos vaisseaux ? Ensuite votre maudit frère a sacrifié de jeunes janusiens, vos concitoyens, vos électeurs devrais-je dire, en les lançant dans une mission suicide contre l’Estel. Et comme si tous ces morts n’étaient pas suffisantes, il a kidnappé ma propre sœur, l’a emmené sur le système de Dénéria et veut probablement jouer avec nous à un jeu morbide… Alors maintenant, si vous pensez que je vais laissez quelqu’un comme vous s’en tirer gratuitement, sans rien obtenir en échange, vous vous trompez !!
- Allez-vous me torturer ?
- Soyez certain, que le capitane Prial, ici présent a toutes les compétences requises. Mais ce sont des méthodes dépassées depuis plusieurs siècles. L’arsenal chimique et la connaissance du cerveau sous imagerie médicale ont quant à eux étonnamment progressés et nous avons largement de quoi vous délier la langue et vous confondre. Par contre les séquelles psychiques sont très fréquentes avec ce genre de méthode et surtout irréversibles. Réfléchissez bien avant de me dire à nouveau que vous ne savez rien. Vous avez du le comprendre, j’ai l’absolu certitude que vous êtes bien un membre de la secte et je n’ai donc aucune raison d’avoir pitié de vous. Que choisissez-vous, Monsieur Bïal ?
- Le Temple est une Eglise non violente et quelles que soient vos méthodes, vous ne parviendrez pas plus à nous abattre aujourd’hui qu’hier.
- A la bonne heure ! Qualifieriez-vous les évènements récents de « non violents »
- Non, bien sur que non ! Mais le Temple n’en est pas responsable.
- Et pourtant Elézard…
- Elézard est un renégat, il a trahi notre confiance.
- Là je ne comprends plus, je pense que nous allons devoir avoir ensemble une longue conversation…
- Serait-il possible que nous ayons cette conversation sans que je sois ficelé de la sorte. Je suis au beau milieu de l’espace, dans un vaisseau grouillant d’hommes armés.
- Si vous consentez à parler autrement que sous la contrainte, je verrais ce qu’il est possible de faire.
- J’y consens, mais je ne le ferais pas pour vous aider. Personne au Temple n’a oublié que l’Estel a été notre pire bourreau.
- Soit, alors pour quelle raison collaboreriez-vous avec nous aussi facilement ? La peur ?
- Dieu me donne plus de courage que vous ne pourrez jamais en avoir ; croyez-vous vraiment que j’ai peur de ce qui pourrait arriver à ma défroque charnelle, quand je sais ce qui m’attend de l’autre coté de la mort ?
L’estel avait les yeux écarquillés et ce fut au bout de plusieurs secondes qu’il finit par répondre ironiquement :
- Nous y voilà ! Je sens que nous allons bien nous entendre. Alors si ce n’est pas pour nous aider, si ce n’est pas pour sauver votre misérable peau, je répète ma question pour quelle raison accepteriez-vous de collaborer ?
- Parce que cela peut servir la mission que m’a directement confié notre Père respecté.
- Qui c’est celui là ?
- C’est notre guide, vous diriez sans doute notre commandant dans votre langage militaire. Mais finalement Monsieur, que savez-vous du Temple ?
- Je sais que le Temple, comme toutes les déviances religieuses, enfreint une des lois les plus fondamentales de l’Union et qu’à ce titre il doit être éradiqué. Et voilà plusieurs générations, l’Estel s’est engagé à faire respecter cette loi.
- Est-ce donc tout ? Je pensais que quelqu’un dont la famille a mis tant d’ardeur à nous combattre, aurait au moins eu l’honnêteté d’en savoir un peu plus sur ses victimes.
- Je sais ce que j’ai besoin de savoir. Vous parliez d’une mission qu’elle est-elle ?
Jeffrez Bïal tira sur les sangles qui le retenaient
- Me détacherez-vous ?

Paul se tourna vers Prial :
- Capitaine, veillez à ce que Monsieur Bïal soit conduit dans une cabine confortable. Confortable mais bien fermée, n’est-ce pas…
- Bien, Monsieur.
- Et puis c’est amusant Prial, vous avez presque le même nom que lui.
Prial jeta un regard furieux vers son commandant.
- Détendez vous Capitaine, c’est seulement un peu d’humour ! En attendant je retourne dans mes quartiers ; cela fait près de vingt-quatre heures que je n’ai pas fermé l‘œil. Et c’est pareil pour vous ; donnez vos ordres et allez vous reposez. Je pressens que nous allons tous devoir être en pleine forme.

Malgré la fatigue, l’Estel eut beaucoup de difficultés à s’endormir. Les images du cargo détruits et de ses débris s’éparpillant dans le vide sans qu’il soit même possible d’en retirer un être vivant, tourbillonnaient dans sa tête. Cela faisait bien longtemps que la flotte n’avait pas perdu un bâtiment et Paul repensa à sa conversation avec Iliam Jezora, le gouverneur de Janus. A défaut de pouvoir enterrer ses morts comme le faisaient les planétaires, il se dit qu’il faudrait bien organiser une sorte de cérémonie en l’hommage de cet équipage. Mais pour l’instant le sort de sa sœur l’inquiétait bien trop pour qu’il puisse s’occuper d’autre chose. Il tournait et retournait dans sa tête les maigres options dont il disposait, puis épuisé, il finit par s’endormir.

Paul dormit près de huit heures et se réveilla reposé et l’esprit clair. Après une rapide douche, il enfila un uniforme qu’il préféra à la simple mais confortable tenu de naviguant qu’il abordait le plus souvent. Puis plutôt que de déjeuner seul dans sa cabine, comme il le faisait souvent, il choisit de se rendre au carré des officiers qui se situait tout près sur le même pont. Le Capitaine Prial était attablé seul devant son café et comme à chaque fois qu’il voyait le vieil officier, Paul eût l’impression d’avoir face à lui un pilier sur lequel il pouvait s’appuyer sans réserve. Prial se leva à l’arrivée de l’Estel, ce dernier lui dit :
- Bonjour Capitaine, puis-je me joindre à vous.
- Je vous en prie Commandant.
Paul attendit qu’on lui eut servi de quoi se restaurer pour entamer la conversation :
- Avez-vous eu le temps de prendre des nouvelles de nos hôtes ?
- Plusieurs de mes hommes se sont relayés pour les interroger. Certains ne savent manifestement rien, ou bien ils ont des nerfs d’acier ; d’autre comme celui que nous avons vu ensemble reconnaissent leurs liens avec le Temple et savent que le ministre en faisait également partie. Par contre, même si tous semblent les condamner, aucun ne semble avoir été informé de ses agissements.
- Et pour le treizième vaisseau ?
- Nos prisonniers ont tous nié en connaître l’existence. Mais les interrogatoires fait avec nos détecteurs de mensonge sont formels. Autant ils sont tous sincères sur les autres sujets, autant certains d’entre eux nous dissimulent des informations.
- Et Jeffrez Bïal ?
- J’allais y venir. C’est le seul qui n’ait pas nié être au courant de l’existence de ce vaisseau, mais il a éludé la question. En fait il ne veut parler qu’à vous.
- Et bien ne le faisons pas attendre. Je finis de déjeuner et j’y vais. De votre coté, faites donc libérer ceux et celles qui semblent n’avoir aucun lien avec la secte ; pour l’instant on garde les autres au chaud…

Paul termina tranquillement son déjeuner, puis sorti du carré des officiers. Il se dirigea vers le plus
proche ascenseur et descendit au quatrième pont. L’ambiance y était bien différente de celle feutrée du pont principal où se situaient les quartiers des officiers et la passerelle de commandement. Ici plus de moquettes au sol, de tableaux et d’appliques lumineuses fixés sur les cloisons . Les coursives étaient métalliques et renvoyaient l’écho sec de ses pas, des tubes lumineux couraient le long des cloisons de plastomère gris. Il se rendit aux quartiers sécurisés qui faisaient office de prison et de salle d’interrogatoire, rendant au passage leur salut aux spatiaux qu’il croisait. Au bout du couloir, le sergent de faction lui ouvrit les lourdes grilles.
Les cabines du quartier de sécurité étaient étroites mais bénéficiaient d’un bon confort. Lorsque la porte s’ouvrit pour laisser entrer Paul et un garde à la carrure dissuasive, Jeffrez Bïal était allongé sur sa couchette et se releva lentement.
- Je vous réveille ? lui demanda le commandant de l’Estel.
- Grâce à vos cerbères, la nuit a été plutôt courte et agitée.
- Rien de grave, j’espère.
- Pas de fers rouges, ni de gégène, si c’est que vous voulez savoir…
- Je viens écouter ce que vous avez à me dire à propos du vaisseau dans lequel Elézard a pris la fuite avec ma sœur.
- Allez-vous me ramener dans votre soi-disant infirmerie pour me rebrancher sur vos fichus détecteurs de mensonge ?
- Pas pour l’instant.
- C’est bien dommage, la jeune fille chargée de m’entourer le corps d’électrodes et de senseurs était plutôt jolie !
- Vous me paraissez bien en forme pour quelqu’un qui a subi une nuit d’interrogatoire ; il faudra que je fasse réviser nos procédures. Ceci dit je ne suis pas venu pour partager votre bonne humeur et vos plaisanteries. Qu’avez-vous à me dire ?
- Nos ingénieurs travaillent depuis très longtemps sur les théories de l’ansible et ses applications pratiques. N’essayez pas de m’extorquer des données techniques, je suis un politique, pas un scientifique et je n’y comprends strictement rien.
- Il semblerait que vos ingénieurs aient abouti…
- En effet, nous avons construit plusieurs vaisseaux expérimentaux. Les premiers ont tous disparu corps et biens, mais ils ont fini par réussir au-delà de toute espérance.
- Si vos espérances consistaient à semer la mort parmi les innocents, vous avez en effet réussi. Mais nous ne devons pas avoir la même définition de ce mot.
- Croyez-moi je regrette chacune des tragédies que vous avez subies, mais Dieu m’en soit témoin, bous êtes bien mal placé pour parler de la sorte ! L’Estel a sur les mains le sang de plus d’innocents qu’aucune autre famille, quant à l’espérance vous et vos semblables vous en êtes dénués en rejetant l’idée de Dieu.
- Lorsque vous aurez fini de pontifier, nous pourrons peut-être revenir à notre sujet. Non ?
Jeffrez Bïal secoua la tête et regarda l’Estel en plissant les paupières. Ses yeux semblaient le transperçer bien mieux que le plus perfectionné des détecteurs de mensonge. Au bout d’un instant il reprit :
- A force de fréquenter le vide de l’espace, vous êtes devenu aussi glacial que lui. Plus je vous écoute, vous et vos certitudes butées, plus je me demande si ce ne sont pas eux qui ont raison…
- Eux ? De qui parlez-vous ?
- Le Temple ne veut de mal à personne, nous voulons simplement qu’on nous laisse vivre notre foi et ce que nous avons toujours voulu. Mais pendant des siècles nous avons été impitoyablement pourchassés. La plupart d’entre nous a continué à vivre dans la non-violence comme l’enseignent nos écritures, mais certains ont hélas choisi une autre voie ; ils ont choisi la haine et la vengeance comme exutoire aux humiliations et aux souffrances endurées par notre communauté. Nous avons longtemps sous-estimé leur nombre, leur influence et leur détermination, mais il y a quelques années les adeptes du « Temple secret », puisque c’est ainsi qu’ils se font appeler ont mis la main sur l’un de nos vaisseaux et sur ses plans de construction. Ils en ont construit des versions armées et ont commencé à attaquer des navires de l’Union, des familles de spatiaux qui nous ont presque toutes combattus, des flottes planétaires où ont eu lieu les pires exactions contre le Temple…
- Pourquoi cette farce jouée par le Conseil de l’Union et voulant faire croire à des vaisseaux extra galactique ?
- J’ai entendu parler de cette version, mais j’en ignore tout. Je ne peux que faire des suppositions comme vous. Je pense que dans un premier temps ils ont voulu éviter qu’on les recherche là où ils étaient et que reprenne la traque contre le Temple, alors ils ont du distiller cette version par leurs contacts au seuil du Conseil. Et le Conseil quant à lui a vu là une occasion de retrouver un semblant d’utilité en se posant comme l’élément central et coordinateur pour protéger la Galaxie de cette pseudo menace.
- Résultat le Conseil de l’Union s’est une nouvelle fois ridiculisé et l’Estel a hérité de Milov…

Paul prit quelques instants pour réfléchir en faisant les cent pas dans l’étroite cabine et poursuivit enfin :
- Pourquoi me dites-vous tout cela aussi facilement ?
- Parce que quelle que soit ma répugnance à accepter une alliance avec nos anciens bourreaux, nos objectifs sont identiques et nous pouvons nous entraider.
- Une alliance !? L’Estel concluant une alliance avec une secte religieuse ? Vous avez perdu la tête ! Et de quels objectifs parlez-vous ?
- Ma hiérarchie m’a confié une mission. Nous savions qu’un vaisseau du Temple Secret opérait dans notre secteur galactique et menait des attaques régulières dans une dizaine de systèmes stellaires. Par recoupements, nous avons conclu que Janus était probablement sa principale base. J’avais pour mission de démasquer nos traîtres et de faire cesser leurs exactions. Je n’ai hélas jamais soupçonné frère Elézard d’en faire partie. En tant que ministre de la défense, il menait pour moi des missions de surveillance de notre espace aérien et de notre système stellaire ; je comprends mieux maintenant pourquoi il a toujours échoué à me rapporter des informations utiles.
- Je vois. Et si vous lui mettez la main dessus, votre soi disant non-violence vous autorise à aller jusqu’où ? Aurez-vous le droit de lui tirer les oreilles.
- Notre Père vénéré en personne m’a donné carte blanche et même si cela me répugne je ferai mon devoir pour laver l’honneur du Temple. Mais jusqu’à présent, je l’avoue, je comptais sur les forces militaires commandées par Elézard, pour intervenir une fois les traîtres démasqués. Aujourd’hui je ne dispose plus d’aucun moyen.
- Donc si je vous suis bien, vous souhaiteriez en quelque sorte que l’Estel soit votre bras armé ! Finalement vous êtes un peu comme Milov et ses prêchi-prêcha pour que ma famille et ma flotte se soumettent à la tutelle du Conseil !
- Réfléchissez, nous avons le même but : arrêtez Elézard. Vous pour venger l’équipage de votre cargo et retrouver votre sœur, moi pour obéir à ma hiérarchie et trancher le rameau infecté de notre vigne…
- Et en quoi pourriez-vous nous être utile ?
- Hier entre deux poses d’électrodes et deux questions idiotes de vos sbires, j’ai eu le temps de réfléchir. Vous m’avez dit, lors de notre première rencontre qu’Elézard avait emmené votre sœur vers Dénéria. Je présume que votre objectif est de vous y rendre le plus vite possible pour délivrer votre sœur ?
- Et le plus vite possible ne suffira probablement pas…
- Le Temple est bien implanté sur Dénéria…
- Ah c’est de mieux en mieux !
- Et l’une des nôtre sur Dénéria a reçu la même mission que moi sur Janus. Elle aura peut-être eu plus de chance ou de talent que moi pour démasquer les traîtres et son aide pourra nous être utile.
- Vous n’avez qu’à nous dire qui elle est et nous prendrons contact avec elle.
- En lui tirant dessus au beau milieu d’un parc public ?
- C’est une méthode rapide et efficace…
- J’en conviens, mais sa collaboration sera plus aisément acquise si je suis présent.
- Avez-vous conscience que quelle que soit votre collaboration ou la sienne, nous sommes tenus d’appliquer la loi de 3002 et que de ce fait vous la mettez en danger de mort ?
- La loi de 3002, bien sûr. Vous êtes fidèle au Conseil de l’Union quels que soient leurs mensonges et leurs manoeuvres contre vous ! Mais qu’importe ! Je vous l’ai dit nous ne craignons pas la mort car elle nous délivre de ce monde et que ce moi ou ma sœur de Dénéria, nous avons reçu une mission de notre père vénéré et je sais qu’elle n’aura pas plus d’hésitation que je n’en ai, à risquer sa vie.
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